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TROIS AVIONS ALLIES SONT DESCENDUS LE 1er MAI 1944

lundi 15 janvier 2018, par Béatrice

Un extrait du discours de Andrew Lincoln (adjoint au maire) prononcé sur la tombe de Lan Wilson le vendredi 8 septembre 2017 :

Le dimanche 30 avril, à partir de 22h15, les douze avions de l’escadron 838 de l’Aviation navale britannique décollent à des intervalles de cinq minutes de la base de Harrowbeer, juste au nord de Plymouth, en direction de notre Pays pagan. Au moment du décollage, leur objectif est un destroyer allemand, le T 27. Il est immobilisé sur des rochers face à Kerlouan depuis la violente bataille navale de la nuit du 28 à 29 avril qui a vu le torpillage du destroyer canadien Athabaskan et la perte de 128 marins canadiens. Depuis leur briefing, nos aviateurs savent, cependant, que leur mission peut changer en fonction de l’évolution de la situation à Kerlouan. Et en cours de vol, en effet, une modification a lieu. L’escadron 838 est redirigé vers la baie des Anges, où un poseur de mines allemand est échoué depuis le 5 février. Cette nouvelle mission est plus difficile et correspond mal aux capacités techniques des avions de l’escadron, des bi-plans de type Fairey Sowordfish, en raison de la forte présence autour de l’Aber Wrac’h de la DCA allemande, la Flak. La mission vire au drame :
en quelques minutes, entre minuit et demi et une heure moins le quart, trois des douze avions sont descendus entraînant la perte des trois équipages, neuf hommes en tout.

Le premier avion, qui est en flammes, s’écrase dans un champ qui borde la grève de Kerazan Vras, à Lilia ; le second tombe dans le Canal Bibi de l’Aber Wrac’h qui mène à l’anse de Trez-Menguy à Landéda ; et le troisième disparait au large de l’île Stagadon. En toute probabilité, l’avion d’Ian Wilson était celui qui s’est écrasé à Kerazan Vras. Ian Wilson en était le pilote, le Britannique Edward Thompson Clark son navigateur et observateur, et le Britannique Albert Rockley, son télégraphiste et mitrailleur. Wilson et Clark avait vingt-trois ans, Rockley dix-neuf. Des neuf aviateurs morts au combat, trois sont enterrés sous leur nom au cimetière de Kerfautras à Brest, un est enterré à Manchester, et quatre sont enterrés dans les tombes des aviateurs inconnus devant nous. Les restes du neuvième aviateur, quant à eux, n’ont jamais été retrouvés.